Se repérer dans le festival de “thérapies” et “psycho-…”

Résumé à la fin de l’article

De la clarté pour choisir en toute conscience : la frontière entre développement personnel et santé

L’essor colossal du développement personnel combiné à la vulgarisation de la psychologie sur les réseaux sociaux vient brouiller la frontière entre le secteur de la santé mentale et celui du bien-être. « Thérapeute »,  « thérapie », ou encore le préfixe « psycho- », sont des termes qui, bien que largement utilisés sans être contraires à la loi, peuvent néanmoins prêter à confusion.

Cet article, basé sur le contexte belge, a pour objectif d’apporter de la clarté pour t’aider à t’y retrouver et faire les meilleurs choix pour toi, en toute conscience. Il ne s’agit pas d’infantiliser : chacun restant libre de ses choix.

Médecine conventionnelle et pratiques de soin non conventionnelles

La médecine conventionnelle est réglementée par l’État et repose sur des traitements qui ont obtenu une validation scientifique ou issus de consensus d’experts. Elle comprend les professionnels de la santé mentale, qui sont : les psychologues cliniciens (dont certains sont psychothérapeutes ou neuropsychologues), les orthopédagogues cliniciens et les médecins (dont les psychiatres). Ils sont donc les seuls professionnels habilités légalement à évaluer ou à traiter un trouble psychologique. Dans le cadre de cet article, nous allons nous intéresser aux psychologues psychothérapeutes. A leurs côtés on retrouve bien sûr les travailleurs sociaux et les intervenants formés à la psychologie de crise qui offrent un soutien strictement encadré.

Les pratiques de soin non conventionnelles comprennent les pratiques non validées scientifiquement à l’heure actuelle et dont les formations ne sont pas réglementées par l’État belge (à peu d’exception près : ostéopathie et méditation pleine conscience, lorsque pratiquées par les professionnels de la santé). On y retrouve la médecine traditionnelle (dont la Médecine Traditionnelle Chinoise et l’Ayurveda), la médecine dite « douce » (l’ostéopathie, l’acupuncture, la chiropraxie et l’homéopathie) et diverses thérapies (dont les plus connues : la kinésiologie, l’hypnose à visée thérapeutique/hypnothérapie, la naturopathie). La somatothérapie en fait partie. Bien qu’appelées parfois « alternatives », ces pratiques doivent rester complémentaires : elles ne peuvent jamais remplacer la médecine conventionnelle en cas de trouble psychologique ou physique. Certaines de ces pratiques intègrent peu à peu, de manière complémentaire et dans un cadre précis, le champ de la médecine conventionnelle : le yoga et la méditation pleine conscience, l’hypnose, la sophrologie et l’acupuncture.

Psychologue et psychothérapeute : deux cadres légaux distincts

En Belgique, le titre de psychologue est protégé par la Loi du 8 novembre 1993 et la pratique de la psychothérapie est protégée par la Loi du 10 juillet 2016.

  • Le psychologue est tout professionnel détenant un diplôme en sciences psychologiques (ou psycho-pédagogiques avec une orientation spécifique) délivré par une université belge (ou diplôme étranger reconnu équivalent). Depuis la loi de 2016, un psychologue n'est pas automatiquement habilité à pratiquer la psychothérapie.

  • La psychothérapie est décrite dans la loi de 2016 comme « une forme de traitement des soins de santé qui utilise, de façon logique et systématique, un ensemble cohérent de moyens psychologiques (interventions), qui sont ancrés dans un cadre de référence psychologique et scientifique, et qui requièrent une collaboration interdisciplinaire. » Et celle-ci est utilisée « dans le but d'éliminer ou d'alléger des difficultés, conflits et troubles psychologiques dont souffre le patient ». Sauf quelques exceptions prévues dans les dispositions transitoires de la loi de 2016, seuls les professionnels détenant un diplôme spécifique (médecins, psychologues cliniciens et orthopédagogues cliniciens) et ayant suivi une formation et un stage professionnel spécifique en psychothérapie sont autorisés à pratiquer la psychothérapie. Tous les autres professionnels, comme les coach de vie ou en santé mentale, ne sont pas habilités à pratiquer la psychothérapie.

Les “red flags” à observer auprès d’un praticien non psychothérapeute

  • Utilisation du titre de psychologue ou de psychothérapeute, ou mention de la pratique de la psychothérapie

  • Présentation de sa pratique comme une alternative (substitution), et non comme une complémentarité possible

  • Évaluation de l’état de ta santé physique ou mentale, et pose d’un diagnostic

  • Demande de prise ou d’arrêt de médicaments

  • Promesse d’un soin, d’un traitement ou d’une guérison

  • Utilisation du terme « patients », qui implique le bénéfice de soins de santé, plutôt que « clients »

  • Utilisation des outils d’intervention psychologique strictement réservés aux psychothérapeutes par les organismes de formation reconnus en Belgique, dont : l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) et l’ICV (Intégration du Cycle de la Vie) pour le traitement des traumatismes, et les TCC (Thérapies cognitivo-comportementales) pour le traitement des phobies, des addictions, de la dépression et du trouble anxieux généralisé (TAG).

Ce que je peux t'offrir, en tant que somatothérapeute

  • Un espace d'écoute et d’échange (relation d’aide), sans analyse ni interprétation, pour t’accompagner à travers les difficultés du quotidien liées au stress et à la régulation émotionnelle - et ce, sans poser d’hypothèse diagnostique ni traiter un trouble psychologique.

  • Un accompagnement depuis ton corps et ton système nerveux, à travers mes différentes approches : pratiques somatiques, yin yoga somatique, hypnose, CNV et expression créative. L’objectif est de t'aider à mieux reconnaître tes sensations, tes émotions et tes besoins, pour retrouver plus de présence et de flexibilité.

Pour plus d’information sur ma pratique de somatothérapeute, je te renvoie à cet article.

La somatothérapie reste du domaine du développement personnel et de l’introspection. Mon accompagnement somatique peut être complémentaire à un suivi médical ou psychologique déjà en place, si tu en as un. En aucun cas mon accompagnement somatique ne peut se substituer à un suivi médical ou psychologique : tout trouble physique ou psychologique mérite l’avis d’un professionnel de santé (médecin ou psychothérapeute).

La profession de somatothérapeute n'est pas reconnue actuellement ; la formation n’est pas encadrée par l’État. C'est pourquoi je choisis mes formations avec rigueur (notamment auprès de praticiens dotés d’une longue expérience professionnelle), et que je m'engage à poursuivre une formation continue ainsi qu'à m'inscrire dans un cadre régulier de supervision et d'intervision entre pairs.

Références :

Loi du 8 novembre 1993 protégeant le titre de psychologue

Loi du 10 juillet 2016 relative à l'exercice des professions des soins de santé

World Health Organization, The WHO Centre for Health Development, Kobe 2005

European Parliament, Policy Department - Economic and Scientific Policy, Complementary and Alternative Therapies for Patients Today and Tomorrow, 2017

National Cancer Institute, Complementary and Alternative Medecine, 2024

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La somatothérapie : ce qu'elle peut (et ne peut pas) t'apporter